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​  Née à la fin du XIXe siècle dans le quartier du Phanar à Constantinople, après ses études à Thessalonique et en Suisse, elle décide de venir en France et en Angleterre juste avant la Seconde guerre mondiale.

 

Elle retourne en Grèce après la guerre, où elle dirige une école d’agriculture, avant de partir en Inde en 1954 où elle va se mettre au service des plus pauvres dans un dispensaire en compagne de moines hindous.

 

En 1959, elle entre au monastère des saintes Marthe et Marie, alors en Jordanie, où elle restera jusqu’en 1966, effectuant à cette période de nombreux voyages à l’étranger (Inde, Iran, Etats-Unis, Kenya, Suisse…).

 

Elle reste ensuite quelques années à Athènes dans un petit monastère qu’elle a fondé : la « Nouvelle Jérusalem », puis, pendant un an, à 82 ans (1979), elle est higoumène du monastère de l’oasis de Faran au Sinaï.

 

Elle passe ensuite une dizaine d’années à Athènes. Là, pendant onze ans, mère Gabrielle reçoit les visiteurs en quête de Dieu. Son amour, sa prière, son mot de consolation, son conseil, touchent au cœur les personnes les plus diverses qui viennent à elle : jeunes et vieux, hommes et femmes, évêques, prêtres, moines, moniales, laïcs, grecs et étrangers, orthodoxes, non-orthodoxes, non-croyants, hindous, bouddhistes, francs-maçons, artistes, scientifiques, astrologues… En même temps, elle maintient une vaste correspondance et elle prolonge sa diaconie au téléphone. Après le dernier visiteur le soir, puis la nuit et le matin, mère Gabrielle entre dans un temps d’hésychia (silence), de recueillement, de prière.

 

En 1989, elle se retire dans un ermitage dépendant du monastère de saint Nectaire à Égine. Atteinte d’un cancer, elle doit retourner à Athènes, puis elle se retire dans un ermitage à l’île de Léros.

Elle reçoit, à la fin de sa vie, le grand schème monastique et le 28 mars 1992, elle part pour son dernier voyage, vers la patrie céleste.

 

Par père Yannick Provost, recteur de la paroisse Saint-Jacques-frère-du-Seigneur, à Quimper, et Saint-Jean-de-Cronstadt-Saint-Nectaire-d’Égine, à Rennes, et membre fondateur de l’équipe éditoriale des Chroniques du Sycomore.  https://www.chroniquesdusycomore.com/

Sainte Mère Gabrielle (1897-1992)


 

« Le plus important est l’amour,

car l’amour avec l’humilité et la patience vont ensemble.

Je n’obéis pas. J’aime ».

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Quelques extraits du livre : L’Ascèse de l’amour 

Biographie et témoignages de Mère Gabrielle Papayannis (1897-1992).

 

Je parle 5 langues ! La première est le sourire, la deuxième les larmes, la troisième le toucher, la quatrième est la prière et la cinquième est l'amour. Avec ces 5 langues, tu fais le tour de la terre. Tu aimes tout le monde indépendamment de sa religion, de son ethnie, indépendamment de tout. Il y a partout des gens de Dieu. Et tu ne peux savoir si celui que tu vois aujourd'hui, ne sera pas demain un saint...

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L’amour nous est donné par Dieu. Car Dieu est Amour. L’amour que nous portons aux autres vient de la Source, va vers eux et retourne de nouveau à la Source. Mais l’amour ne peut avoir de limites. Il est infini. Et comme dit l’apôtre Paul :  " L’amour excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne disparaît jamais  » (1 Co 13,7-8)

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Patience, pardon…, tout est dans l’Amour. Aimer c’est aussi se mettre à la place de l’autre. C’est ce que le Christ a dit :  » Aime ton prochain comme toi-même  » (Lc 10,27). C’est encore ce qu’il a répondu au légiste :  » Va et, toi aussi, fais de même  » (Lc 10,37). Indépendamment de qui il est. Est-il bon ? Est-il méchant ? Est-il étranger ? Est-il des nôtres ? L’Amour, c’est aimer quelqu’un pour lui-même. Pour qu’il évolue et pour ce qui l’attend… Non pas par rapport à toi. Rien par rapport à toi. C’est ainsi que Dieu nous aime.

 

La Croix est le symbole du sacrifice de soi-même envers les autres. Mais celui qui se donne aux autres, les aime et les aide, ne sent pas ce sacrifice. Quand cet Amour se donne, c’est l’Amour divin lui-même qui passe dans le cœur du donateur, ce n’est pas l’homme qui le donne. Il ne sent aucun  » sacrifice  » car il n’en a pas conscience. Pour lui, c’est une attitude naturelle – rien ne change dans sa vie, dans sa santé – au contraire, il s’en réjouit continuellement, car il est à la fois donateur et récepteur de ce divin Amour, de cette force. Le Christ nous l’a prouvé par sa vie et son enseignement, sa crucifixion, sa Résurrection. Aussi le vrai amour se trouve-t-il toujours sur la Croix, mais en même temps, il est dans la lumière de la Résurrection.

 

Ni ce que tu fais, ni où tu vas, ni ta façon de vivre, d'aider les autres... Une seule chose a de l'importance: la Qualité et la Quantité de l'Amour que tu donnes partout. Partout! Sans discrimination.

 

Si Le Seigneur était Visible et Présent, que ferais-tu? Ferais-tu ceci? S'll était là, ferais-tu cela?... Si tu penses ainsi, tu es protégé de tout péché.

 

​​Nous avons besoin de trois choses. Premièrement, de Foi, Deuxièmement, de Foi. Troisièmement, de Foi!

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Si tu ne parviens pas à ressentir que toi et l'autre êtes Un... Un avec n'importe quel autre : celui d'Afrique, d'Inde, de Chine, le musulman, le juif, le chrétien,... Si tu ne peux concevoir que tous, nous sommes Ses enfants, si tu ne peux le ressentir en Vérité, avec un grand V , éprouver un tel sentiment, alors... tu es encore un esclave ! Je peux vous dire encore une fois que la Liberté ne s'acquiert qu'à partir du moment où nous cessons d'avoir de l'orgueil, quand nous nous aimons les uns les autres. C'est pour cela que le Christ nous a donné ce nouveau commandement : "Aimez-vous les uns les autres " (Jn 13-34) pour que nous puissions atteindre à la Liberté parfaite. Car Dieu est Amour. Il est la vraie Liberté.

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Moi, j’ai l’impression de ne pas vivre sur Terre mais en réalité au Ciel. Et. comme dit Père Lazare, le Paradis est ici. Ou bien nous le gagnerons ici et nous l’emporterons, ou bien nous le perdrons à jamais !

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Vivre avec soi-même est une chose et vivre avec Dieu, une autre. Si nous voulons vivre en solitude avec nous-mêmes nous constaterons – et je le dis par mon amère expérience –, que nous ne pourrons pas nous supporter une demi-heure après. En solitude, nos couleurs deviennent plus frappantes. Les actes qui nous paraissaient beaux dans le monde nous les verrons maintenant comme nuls... Rien d’autre qu’une projection de notre ego... Rien qu’un orgueil, qu’une horreur... Mais par contre, si nous allons vivre tout seuls avec Dieu, en méditant sur son Amour, sur son existence, en regardant ses étoiles, sa lune, c’est pour le remercier pour l’univers qu’il nous a donné. Tu ne peux voir un coucher de soleil, que tu n’oublieras jamais de ta vie et ne pas te rappeler que c’est lui qui l’a créé... Nous voyons Dieu dans son œuvre. Mais nous le voyons d’abord dans notre âme quand nous réalisons le sacrifice qu’il fait pour nous... tels que nous sommes...

 

Tous angoissés! Que se passe-t-il ?  La notion de Joie a été perdue. C'est très sérieux! Là-bas en Inde, ils attendent le Christ et ils L'attendent avec joie. Quant à nous, nous «L'avons», mais nous ne «Le reflétons» pas... Nous sommes coupables... fort coupables.

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​Dieu a mené mes pas en Inde. J'étais sans ressource pour que je vois Sa grandeur et Sa magnificence. Pour que je puisse constater, de mes propres yeux, combien Dieu prend soin de nous quand nous nous abandonnons entre ses mains.

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Cesser d'aimer, c'est comme cessez de respirer. L'Amour, c'est le souffle de Dieu.

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